Créer une zone de chalandise avec Google My Maps : tutoriel et limites
Google My Maps est l'outil gratuit le plus utilisé pour tracer une première zone de chalandise. Il est accessible, sans installation, lié à un compte Google. C'est un excellent point de départ pour visualiser un cercle ou une zone simple. Mais dès que vous voulez prendre une décision business — signer un bail, valider une expansion, livrer une étude à un client — ses limites apparaissent vite. Ce tutoriel vous montre comment l'utiliser correctement, et quand passer à un outil pro.
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Tutoriel : tracer une zone avec Google My Maps en 5 minutes
Étape 1 — Créer une carte
- Connectez-vous à votre compte Google.
- Allez sur google.com/mymaps → Créer une carte.
- Donnez un nom (ex : « Zone de chalandise — local rue de la République »).
Étape 2 — Centrer sur l'adresse
- Tapez l'adresse de votre point de vente / projet dans la barre de recherche.
- Cliquez sur le résultat → Ajouter à la carte (épingle bleue).
Étape 3 — Tracer un cercle approximatif
Google My Maps ne propose pas nativement de cercle. Deux astuces :
- Tracer un polygone (outil ligne / polygone). Vous dessinez à la main les contours de votre zone.
- Importer un GeoJSON d'un cercle généré ailleurs (calculateur en ligne, Géoportail).
Pour un rayon basique, dessinez un polygone en 8 points autour de l'adresse — ce sera approximatif.
Étape 4 — Ajouter des points d'intérêt
Importez un CSV avec adresses (concurrents, partenaires, prospects) → My Maps les géocode automatiquement. Vous pouvez les colorer par catégorie.
Étape 5 — Partager
Bouton Partager → lien public ou privé. La carte est visualisable sur ordinateur et mobile.
Ce que Google My Maps fait bien
- Visualisation simple d'un emplacement et de quelques points.
- Partage facile d'une carte avec un collaborateur ou un client.
- Import CSV de listes d'adresses (concurrents, prospects) pour les positionner.
- Compatibilité mobile.
Pour une présentation grand public, une session de brainstorming ou un support visuel rapide, c'est suffisant.
Ce que Google My Maps ne fait PAS
C'est ici que la liste devient longue. Cinq fonctions critiques sont absentes :
1. Pas d'isochrones réels
Le tracé est un polygone à la main, sans aucun calcul de temps de trajet réel. Pourtant, un boulevard à 4 voies, une voie ferrée sans passerelle ou une zone piétonne coupent votre zone théorique en deux. Le rayon kilométrique trompe — c'est exactement la nuance qu'on développe dans Zone de chalandise isochrone ou isométrique.
2. Pas de données socio-économiques
Aucun croisement avec INSEE Filosofi (revenus), le recensement (population, ménages), ou les bases de logement. La carte vous montre une zone — elle ne vous dit rien sur qui y vit, combien ils gagnent, comment ils se déplacent.
3. Pas de DVF
Les transactions immobilières récentes (DVF, data.gouv.fr) ne sont pas accessibles. Vous ne pouvez ni évaluer le marché immobilier local ni négocier un bail sur des comparables.
4. Pas d'export structuré
Vous pouvez exporter la carte en KML / KMZ (formats SIG) ou imprimer en PDF — mais ce sont des captures, pas des livrables structurés avec tableaux et indicateurs. Un banquier ou un franchiseur attend autre chose.
5. Pas de comparaison multi-sites
Comparer 5 emplacements potentiels avec les mêmes indicateurs ? Impossible nativement. Vous devez créer 5 cartes et compiler à la main.
Quand reste Google My Maps suffisant ?
| Cas d'usage | My Maps suffit ? |
|---|
| Brainstorming d'un emplacement | ✅ |
| Présentation visuelle simple | ✅ |
| Cartographier des concurrents | ✅ (avec import CSV) |
| Étude pour banquier / franchiseur | ❌ |
| Comparaison multi-sites | ❌ |
| Calibrage d'un ticket moyen | ❌ |
| Fichier de prospection BtoB | ❌ (cf. méthode dédiée) |
| Évaluation du marché immobilier | ❌ |
| Livrable consultant | ❌ |
Si vous êtes dans les 3 premiers cas, Google My Maps suffit. Pour le reste, il faut combiner d'autres outils — ou prendre un outil dédié.
La pile pro complémentaire : que faut-il en plus ?
Si vous restez sur des outils gratuits, voici la pile minimum :
| Besoin | Outil |
|---|
| Tracé de zone simple | Google My Maps |
| Isochrones réels | Géoportail (IGN) avec plugins QGIS |
| Données socio-éco | INSEE.fr (téléchargements Filosofi, recensement) |
| DVF | data.gouv.fr (export brut, à recroiser) |
| Concurrence | Google Maps + visite terrain |
| Mise en page livrable | PowerPoint / Word / Pages |
C'est faisable mais lent (compter 6–10 heures pour une étude simple). Et vous devez maîtriser un peu de SIG.
L'alternative : un outil qui intègre tout. ZoneChalandise.fr traite ces six besoins dans une seule interface, sort un PDF en 30 secondes, et coûte moins cher qu'une heure de consultant.
Méthode pratique : quand passer de My Maps à un outil pro
| Signal | Action |
|---|
| « Mon banquier me demande une étude » | Outil pro |
| « Je compare 3 emplacements » | Outil pro |
| « Je veux estimer mon ticket moyen avec le revenu médian local » | Outil pro |
| « Je dois sortir un livrable client » | Outil pro |
| « Je veux juste voir où sont mes concurrents » | My Maps suffit |
| « Je présente mon projet à des amis » | My Maps suffit |
Bonnes pratiques
- Si vous restez sur My Maps, accompagnez la carte d'un document Word qui chiffre la zone (population, revenu) — la carte seule ne convainc personne.
- Si vous passez sur un outil pro, importez vos données existantes (concurrents, prospects) pour ne pas repartir de zéro.
- Croisez les méthodes : My Maps pour la visualisation client (présentations grand public), outil pro pour la décision business.
- N'oubliez pas la mise à jour. Une carte My Maps figée 18 mois ne reflète plus la réalité — concurrents nouveaux, fermetures, déménagements.
Cas d'usage typique : ouverture d'un nouveau salon de coiffure
Un coiffeur indépendant veut ouvrir un second salon. Il commence sur Google My Maps :
- Trace un cercle approximatif de 1,5 km autour du local visé ;
- Importe un CSV des coiffeurs concurrents (récupéré sur Pages Jaunes).
Il visualise — c'est utile, mais il ne sait toujours pas :
- Combien de femmes 25–60 ans habitent dans la zone ;
- Quel est le revenu médian (donc le ticket moyen soutenable) ;
- Quels locaux comparables se sont vendus récemment ;
- Si l'isochrone piéton réel correspond bien à son rayon.
Il bascule sur ZoneChalandise.fr → trace une isochrone 10 min piéton + 5 min voiture → active les couches Filosofi → consulte DVF → exporte le PDF en 5 minutes. Son banquier valide le prêt.
Conclusion
Google My Maps reste un excellent outil de visualisation gratuite, parfait pour cartographier vite ou présenter un projet. Mais ce n'est pas un outil de décision : il manque les données INSEE, les DVF, les isochrones réels et le livrable structuré qui font la différence entre un projet validé et un projet renvoyé à l'étude.
Pour les usages pros français, l'erreur n'est pas d'utiliser My Maps — c'est de s'arrêter là.
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Pour aller plus loin :